Love your job

cecile espinasse Elodie daguin

Ça fait un petit moment que je voulais vous parler de ma situation professionnelle sans jamais oser, pourtant elle a joué un rôle clé dans ce que je suis devenue : Physiquement mais aussi mentalement métamorphosée.

Peut-être que vous aussi vous vous posez beaucoup de questions sur la votre ? Peut-être que vous avez des expériences à raconter ou des conseils à donner ?  

Dans tous les cas j’ai fini par me dire que partager ici ce que j’ai vécu pouvait être bénéfique pour moi.

Dès ma première année d’étude ( bon y a 10 ans quoi ! ) j’ai eu l’opportunité de pouvoir faire des stages dans des grands magazines féminins et c’est à ce moment là que j’ai su que c’était au sein de cet univers que je voulais évoluer.

La suite beaucoup la connaissent, j’ai rejoint le magazine Paulette en tant que bénévole au moment où il n’était qu’un bébé webzine. Je suis devenue rédac beauté et j’ai vécu ce qu’on peut aujourd’hui appeler une très très belle aventure professionnelle. 5 ans plus tard je décidais de quitter le navire avec le sentiment d’avoir accompli ma mission à bord. Il fallait que je parte explorer de nouveaux horizons, que je grandisse et que je me stabilise.

Ce qui est fou ( c’est là qu’on se dit que tout arrive pour une raison ! ) c’est que seulement quelques jours après avoir annoncé mon départ on m’appelait pour me proposer un job dans un autre magazine ! Ensuite tout est allé très vite, je suis partie un vendredi, et le lundi je commençais mon nouveau job en CDD dans un grand groupe de presse.

Je me suis retrouvée à bosser pour un nouveau magazine féminin au sein d’une équipe hyper sympa et motivante. J’avais un vrai bureau, un salaire tous les mois, un job de rêve, et des collègues trop cools. La charge de travail était importante car nous n’étions pas nombreuses mais j’avais de la reconnaissance pour tout ce que je faisais, je me sentais utile et ça me motivait encore plus ! J’étais en CDD mais au vu de tout ce que je faisais et que j’apportais au magazine j’avais déjà l’impression d’avoir gagné mon ticket pour la suite !

Et puis la pression est devenue très forte, je ne pouvais pas prendre de congés, j’étais littéralement épuisée. Alors que je commençais à perdre pied sans encore m’en rendre compte, il y a eu un changement de direction, puis de directives auxquelles il a fallu s’adapter. C’est à ce moment là que dans ma tête je suis devenue un pion au milieu d’un échiquier géant. Ce que je faisais n’avait plus aucune importance mais il fallait que je le fasse bien sinon mon contrat ne serait pas renouvelé. Vous imaginez un peu la pression que l’on se met soi-même à ce moment là ?                                                                                                                            Je suis devenue agressive, énervée, râleuse et de mauvaise humeur. J’avais repris beaucoup de poids que j’essayais de perdre mais sans succès. Je n’étais plus du tout moi-même mais ça j’allais le découvrir qu’une fois partie.

Il est important de souligner que j’étais heureusement entourée de super collègues! On se soutenait, on s’encourageait, on se félicitait et c’est ce qui nous faisait tenir. Jamais mes nouveaux supérieurs ne sont intéressés à moi, mon parcours, mon expérience, mes envies, mes problèmes… Ayant vécu une aventure très humaine chez Paulette, on peut dire que je n’était pas préparée à ça!   (Un conseil : Ne faites pas comme moi, si ça ne va pas imposez-vous, demandez des points perso, des entrevues et exprimez votre mal-être.)

Au bout de 18 mois de CDD la sentence est tombée : “Tu as fait ton quota, la boîte n’a pas de budget pour un CDI on est vraiment désolé nous ne pouvons pas te garder mais ne t’inquiète pas on te donnera des piges !”

Je me souviens quelques jours après ça, avoir passé des journées entières à fixer le plafond de ma chambre tellement j’étais épuisée et désemparée, de plus je vivais à la même période des soucis personnels qui n’ont rien arrangé. J’ai alors booké quelques vacances puis je me suis mise à chercher activement un poste dans la presse. Je postulais partout et je priais (littéralement) tous les soirs pour que quelqu’un me rappelle. Voulant bien faire, mes proches tentaient de me rassurer en me disant que j’allais forcément retrouver un nouveau boulot génial, ce qui en fait me mettait 100 fois plus de pression…Et je ne vous parle même pas de ces fameux : “Alors t’as des pistes ?”. Pendant plusieurs mois j’ai eu l’impression d’être une ratée, une fille complètement nulle qui n’avait rien pour elle.

C’est à ce moment là que je me suis de plus en plus intéressée au développement personnel et au positivisme, il fallait que j’accepte cette situation et que je lui trouve des avantages. Je ne vous cache pas que le chemin a été long, c’est très angoissant de se retrouver “au chômage”! Un terme que je trouvais bien trop rabaissant et je préférais mettre en avant mon statut de freelance même si j’avais encore peu de missions.

Il y a peu de temps j’ai enfin réussi à comprendre qu’il fallait voir ça comme un levier, un tremplin, une aide vers une nouvelle vie ! Avoir des piges dans la presse me permet de continuer à faire ce que j’aime, les missions éditoriales pour des marques m’ont fait multiplier les contacts et les expériences et les journées passées complètement désœuvrée je les rentabilise en allant au sport ou en écrivant ici ou sur mon compte instagram.

Même si je dois me serrer la ceinture j’ai la chance de pouvoir payer mon loyer et de faire ce que j’aime sans me soucier du reste. J’ai pu organiser mon premier évènement sportif juste pour le kiff et je compte bien continuer à travailler sur ce projet!

Aujourd’hui je me sens comme libérée d’un poids, je suis beaucoup plus sereine et ouverte, je rencontre chaque semaine des personnes formidables de qui j’apprends et tire les meilleurs conseils pour ma nouvelle vie pro.

La presse féminine est un milieu en crise et il est très difficile d’y faire son nid. Je sais que beaucoup sont dans mon cas et le tout est de ne pas se rabaisser, et de comprendre que ce ne sont pas nos compétences qui sont mises en cause.

Avec du recul, je remercie finalement l’univers de m’avoir fait sortir de là sinon je ne serais probablement pas devenue quelqu’un de positif comme je le suis aujourd’hui ! Je ne rentre peut-être pas encore dans une case professionnelle précise mais je n’ai jamais été aussi heureuse et en harmonie avec moi-même! J’ai cette chance d’être encore jeune alors tant que j’aime ce que je fais, je continue de poursuivre mon bonhomme de chemin en attendant de trouver le poste de mes rêves dans lequel je pourrais m’épanouir.

Photo by Elodie Daguin qui résume mon état : « Dans le flou » 😀

Cécile Espinasse

Fondatrice de La Minute Coquette et journaliste mode/beauté

19 Comments

  • Répondre mars 20, 2018

    Jessica

    Bravo d’arriver à prendre du recul et d’en parler à cœur ouvert. Et surtout d’avoir appris de cette situation !
    Je te suis depuis un moment et je te félicite de t’être mise à ton compte.

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Merci beaucoup Jessica, tes petits mots me touchent <3

  • Répondre mars 20, 2018

    Soraya

    Hello, merci pour ce partage d’experience ! Je suis exactement dans cette phase de vie. La boule an ventre chaque matin en me réveillant, allant au travail, en tentant de rayer la liste infinie de tâches humainement inabsorbables, en supportant une direction hautaine et dédaigneuse, en repassant cette liste en boucle dans ma tête chaque nuit … baisse des effectifs, missions de plus en plus nombreuses, et cdd en cdd dans la même structure depuis 6 ans. Problèmes perso à la même période, qui ont peut être un lien. Car moi aussi je suis changée : fatiguée, épuisée, négative… il devient urgent que je passe en recherche active d’un ailleurs, même si je n’arrive plus vraiment à me cibler tant je suis affectée par cette expérience professionnelle. Tout mon entourage me dit qu’il me fait ce nouveau souffle, et j’en suis convaincue également. Il me faut trouver l’energie pour de meilleurs demains. Tes mots positifs sont encourageants

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Merci Soraya, en CDD depuis 6 ans c’est inhumain !!! Jespère que tout ça va t’aider et que tu pourras trouver comment t’épanouir dans ta vie pro <3

  • Répondre mars 20, 2018

    Caro

    Salut Cécile
    Je pense que nous serons nombreux à se retrouver dans ton témoignage. J’ai vécu, je vis encore par période de ce genre de pression au travail. Dans un tout autre secteur d’activité mais la pression d’une hiérarchie aveugle reste la même. Parfois je craque mais le reste du temps je prends du recul sur la situation. C’est très difficile de trouver un équilibre professionnel. Je me suis toujours dit: tu fais ton boulot pour le salaire et tu trouves ton épanouissement en dehors à travers le sport, les amis, les vacances… C’est presque triste mais c’est une réalité pour beaucoup de personnes.
    Je te félicite pour le chemin que tu as pris, c’est important de se dire qu’il y à d’autres choix possibles.
    Je te souhaite beaucoup de bonheur dans ta vie de freelance.

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Oh c’est triste de penser ça, moi je suis persuadée qu’on peut aussi s’épanouir dans un job dit « alimentaire » du moment qu’on y prend du plaisir !
      Merci beaucoup pour tes encouragements <3

  • Répondre mars 20, 2018

    Sandra

    Merci pour ton article, ça fait du bien de lire que le chômage n’est pas une fin en soi et que l’on peut en tirer des choses positives.
    Il y a 3 mois j’ai pris la décision de quitter mon premier emploi après mon alternance et de ne pas sauter sur le CDI qu’ils me proposaient parce que je n’étais plus heureuse dans cette entreprise. Comme toi, je suis introvertie et plutôt que de parler j’ai préféré partir.
    Je suis dans la communication, c’est pas non plus un milieu très facile et y trouver sa place est une véritable épreuve. J’ose espérer en sortir bientot parce que c’est pas tous les jours faciles.

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Oui j’ai l’impression qu’on est toutes les mêmes dans ce milieu ! Je suis sure que tu vas réussir à t’en sortir <3

  • Répondre mars 20, 2018

    Pauline

    Bravo Cécile, je pense qu’en parler c’est déjà une réussite.
    Ton article me fait énormément de bien car je m’y retrouve, et c’est pour moi un message d’espoir.
    Cela fait 18 mois que je suis en poste : pression constante, réflexions destabilisantes, reconnaissance zéro, etc etc, font que j’ai décidé de ne pas continuer et de m’arrêter le mois prochain à la fin de mon deuxième CDD, pour me lancer dans un projet à moi.
    J’ai 28 ans, et j’ai besoin de changement. Je ne sais pas ce que cela va donné mais j’ai l’envie et le besoin de m’épanouir dans ma vie professionnelle. J’ai besoin de retrouver cette motivation de me lever le matin pour bosser sur quelque chose qui me nourrit.
    Notre nouvelle vie professionnelle ne fait que de commencer. Alors osons et provoquons la chance 😉

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      C’est génial tu as raison ! Je me dis que pouvoir partir après un CDD c’est une chance pour bénéficier des aides pour monter nos projets <3 ! J'espère entendre parler de ta nouvelle aventure prochainement 🙂

  • Répondre mars 20, 2018

    Lea

    Hello Cecile,
    J’ai traversé exactement la même période que tu as vécu l’annee Dernière. 8 mois de doutes et remise en question. Quel bonheur de te lire! On se sent moins seule!
    Belle journée
    Léa

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Oh j’espère que ça va mieux maintenant ? Oui moi ça me fait vraiment chaud au coeur tous ces messages <3

      • Répondre mars 20, 2018

        Lea

        Oui ça va beaucoup mieux!
        J’ai appris à prendre du recul et surtout qu’il y avait également une vie à côté du travail.
        Certes j’ai traversé une période difficile où personne ne me comprenait (pression sociale bonjour!) mais j’ai osé quitter une entreprise qui ne me correspondait pas dans laquelle j’étais malheureuse.
        Avec du recul, cette période m’a énormément fait grandir et m’a aidé à savoir ce que je voulais. Car au final c’est notre vie et nos choix 😉
        Merci pour ta bienveillance au quotidien !
        Belle soirée

  • Répondre mars 20, 2018

    Mélanie

    Bravo à toi !
    C’est vrai que le monde du travail est parfois cruel…je vois ca un peu comme une jungle ou j’ai l’impression que le plus fort mange tous les autres. Niveau professionnel je n’ai pas eu beaucoup de chance… j’ai travaillé plusieurs année dans la com événementielle dans le secteur culturel. Un univers réellement passionnant mais où contrat rime avec précarité… Des semaines très très chargées, beaucoup de responsabilités et un salaire égal au Smic. (Je sais, je suis déjà contente de pouvoir avoir un smic) mais bon, quand ton contrat prévoit 26h et que tu te retrouve à en faire plus de 35…C’est un peu abusé. Un jour j’en ai eu marre car la reconnaissance n’était pas non plus au rdv, on en demande toujours plus pour espérer un jour une situation meilleure…mais voyant que cette situation meilleure ne viendrait jamais j’ai décidé de me réorienter. Je souhaite travailler dans l’ingénierie pédagogique et vais suis reprendre mes études ^^ Après les avoir quitté il ya pas mal d’années ^^ pas facile de repartir sur les bancs de la fac et surtout de devoir faire une croix sur une précédente carrière qui me faisait tant envie… je pense pouvoir comprendre ta situation. Sois fière de toi et de ce que tu as accompli !:)

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Merci beaucoup pour ton partage d’expérience! C’est important de savoir que l’on n’est pas toutes seules et que l’on se comprend <3. Il faut qu'on tire du positifs de ces "échecs" et je suis sure que l'on va y arriver !

  • Répondre mars 20, 2018

    Sylvie

    Félicitations Cécile pour ton chemin qui semble s’éclairer jour après jour, je suis sincèrement ravie que tu puisses t’épanouir, c’est bien plus important qu’un CDI 😉

    • Répondre mars 20, 2018

      Cécile Espinasse

      Merci ma Sylvie ! Heureusement que tu étais là toi <3

  • Répondre mars 21, 2018

    Julie

    Bonjour Cécile,

    Bravo pour ce post. Je sors moi-même d’un CDD de 18 mois dans une asso, avec une impression que ce monde associatif que j’idéalise tant m’a pressé comme un citron et vidé de mon énergie et ma confiance en moi. Ma première mission dans une autre asso s’était extrêmement bien passée, comme toi avec Paulette, mais après 3 ans en CDI j’avais l’impression d’avoir fait le tour.
    Tu parles souvent du rapport au corps et de l’importance du sport, ça m’a moi-même beaucoup aidé pendant ces 18 mois pour évacuer le stress. Cependant je pense que toute cette pression a eu un impact sur mon corps qui est en train de me lâcher :/ blessures et interdiction de pratiquer (même le yoga !). Moi qui pensait profiter de ma recherche d’emploi pour me sculpter un corps de déesse, me voilà bien mal embarquée 🙂
    Prenons soin de nous et arrêtons de nous mettre cette pression de dingue au boulot. La bienveillance c’est encore plus chouette quand on se l’applique à soi-même aussi !
    Bon courage pour la suite de tes projets.

    • Répondre mars 22, 2018

      Cécile Espinasse

      Ohlala c’est fou comme nos expériences se rejoignent ! Vraiment ton message a beaucoup d’impact sur moi je suis à chaque fois rassurée de voir que je ne suis pas toute seule dans ce cas 🙂
      Et tu as beaucoup trop raison, arrêtons de nous mettre cette pression constante, la vie ça va au delà du taf ! <3
      Bon courage à toi aussi et merci

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